Que devient Laurence des Cars ?
L'ex-présidente du musée du Louvre a hérité d'un recasage trois étoiles auprès de la présidence française du G7.
Cela faisait plusieurs mois que nous étions sans nouvelles de Laurence des Cars. Pour ceux qui l’auraient oubliée, Laurence des Cars est l’ex-présidente du musée du Louvre, qui avait démissionné le 24 février dernier sous la pression médiatique, après le spectaculaire vol des Joyaux de la couronne de Napoléon III, qui n’ont jamais été retrouvés — et ne le seront probablement jamais.
Entre parenthèses, je dis « sous la pression médiatique », parce que jusqu’au bout, le président de la République l’a assurée de son soutien, au point de refuser une première démission qu’elle avait présentée dès octobre.
Nous étions donc sans nouvelles de Laurence des Cars, mais, heureusement, heureusement la fumée blanche est apparue, il y a quelques jours, sous les traits d’un décret paru au journal officiel.
Que dit-il, ce décret ? Il lui offre un poste d’« experte de haut niveau pour exercer les fonctions de référente diplomatie muséale du G7, auprès de la directrice générale des patrimoines et de l’architecture ».
Des rapports au vitriol
Un beau titre, accompagné d’un beau salaire puisque d’après la grille officielle, elle pourrait toucher jusqu’à 5800 euros bruts de traitement indiciaire, auquel s’ajoute un maximum de 5600 euros de primes, mensuelles elles aussi. 11 000 euros, quand on a été en place au moment du pire fiasco des 30 dernières années, c’est une belle compensation.
Il faut en effet se souvenir des conclusions des différents rapports sur la sécurité du Louvre. La Cour des comptes, dans son rapport sorti quelques semaines après le braquage (mais c’est un pur hasard), révélait qu’entre 2018 et 2024, 145 millions d’euros consacrés à l’acquisition de nouvelles œuvres, et seulement 3 millions engagés sur les 83 prévus pour le nouveau schéma directeur de sécurité.
Il y avait également cet audit de sécurité de 2018, réalisé par le joaillier Van Cleef & Arpels, et qui pointait précisément le balcon utilisé par les voleurs pour entrer dans la galerie d’Apollon, mais oublié de la mémoire collective. Bref, le vol des joyaux n’était pas un coup de malchance, mais le fruit d’une succession de mauvaises décisions. Ce qui n’a donc pas empêché la présidente du musée au moment des faits de bénéficier d’un recasage de premier choix. Le soutien d’Emmanuel Macron, ça vaut de l’or.
Personne ne s’est jamais dit « ce qu’il nous manque, c’est un expert de haut niveau sur la diplomatie muséale »
Mais au fait, c’est quoi la « diplomatie muséale » ? Eh bien… je ne sais pas trop. Dans l’idée, on peut assez facilement imaginer que cela consisterait à faciliter les partenariats et les échanges d’œuvres entre les grands musées du monde, une sorte de « soft diplomacy », comme il existe un « soft power ». Le problème, c’est que le poste n’existait pas avant elle. C’est-à-dire qu’il y a encore quelques semaines, personne ne se disait « ce qu’il nous manque, c’est un expert de haut niveau sur la diplomatie muséale ». Et d’ailleurs, soyons très honnêtes : le temps qu’on éclaircisse la chose, la question ne se posera même plus car la mission de madame des Cars aura pris fin, puisque la présidence française de G7 court jusqu’au 31 décembre.
Le premier janvier prochain, il n’en restera donc rien, si ce n’est quelques dizaines de milliers d’euros en moins dans les caisses de l’État. Et cette question, vraisemblablement toujours sans réponse : où sont les joyaux de la couronne ?