Tout le monde est un peu sous le choc après les exactions de samedi. Il y a tellement de dégâts que l’on a déjà oublié que les cortèges étaient très majoritairement pacifiques. L’hôtel de Ville de Limoges est détruit, l’office du Tourisme de Lyon, place Bellecour, également. Des pillages partout, et tellement d’arrestations à Paris que les gardés à vue ont dû être déplacés vers des commissariats de petite couronne. Ce dimanche matin, tout le monde reproche à l’État de ne pas avoir fait son travail. Mais ne soyons pas dupes : s’il y avait eu un blessé grave parmi les manifestants, les mêmes qui demandent plus de fermeté auraient demandé plus de laxisme.
Jean-Luc Mélenchon est encore — très — loin d’entrer à l’Élysée. Mais son programme fiscal, qui prévoit 100 milliards d’impôts supplémentaires par an, produit déjà ses premiers effets : les communiqués vantant les mérites de l’assurance-vie en droit luxembourgeois se multiplient. Il y a bien sûr longtemps que les gestionnaires de patrimoine les proposent. Mais c’est la première fois qu’on évoque, de manière aussi ouverte, « protection renforcée des avoirs et neutralité fiscale ».
Et de 27. Natacha Polony a officialisé ce matin sa candidature à la présidentielle. Ce qui fait d’elle la 27e candidate. Je ne suis pas sûr de comprendre en quoi son programme se différencie de tous les autres pour l’instant : elle veut la rupture avec ce qui n’a pas marché, reconstruire l’appareil productif et reconstruire l’école. Comme tout le monde, non ?
Selon un sondage Vérian pour L’hémicycle, 46 % des 18-24 ans et 40 % des 25-34 estiment que l’intelligence artificielle jouera un rôle dans leur décision de voter pour un candidat plutôt qu’un autre. Mais 37 et 33 % d’entre eux seulement estiment qu’on peut lui faire confiance. Il y a donc une partie des électeurs qui utiliseront l’IA pour décider de leur vote, même s’ils ne lui font pas confiance.
Raphaël Glucksmann a écrasé la primaire socialiste, avec 66 % des suffrages dès le premier tour. Ce qui ne lui garantit pas un franc succès : 140 000 participants, alors qu’il y en avait eu 1 655 000 en 2017 pour choisir Benoît Hamon, qui n’avait au final obtenu qu’un peu plus de 6 % des voix. Le choix de Glucksmann a au moins le mérite de trancher la question d’une alliance avec LFI.
L’envolée des taux d’intérêt, la charge de la dette et les autres signaux n’effrayent manifestement pas les députés. Mercredi, la commission des Finances a supprimé à peu près toutes les économies prévues dans le budget 2027. L’article liminaire, qui définit les grands axes des efforts à venir ? Supprimé. La suppression de la niche fiscale pour les personnes en affection de longue durée ? Supprimée. Pareil pour celles sur les arrêts à la suite d’accidents du travail, sur les indemnités de licenciement et sur l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite. Les cadeaux fiscaux, eux, pleuvent : hausse du barème kilométrique, crédit d’impôt sur les frais d’hébergement en EHPAD et d’autres donnent l’impression que Noël tombe, cette année, en octobre.
Soirée de lancement du dernier livre de Laurent Alexandre et Olivier Babeau sur l’intelligence artificielle. Un candidat d’un parti de gouvernement, qui peine à s’imposer dans les sondages, déplore que « rien n’imprime ». Ce n’est pas tout à fait vrai : les énormités de Mélenchon et Le Pen impriment très bien ; ce qui n’imprime plus, c’est le discours modéré de ceux que les électeurs voient comme les responsables du bordel ambiant.
Week-end en Bresse. Un petit restaurateur, qui dirige son affaire depuis 14 ans, raconter sa situation de plus en plus précaire : en 2020, il avait encore deux employés. Il y a deux ans, il s’est séparé de l’un des deux. Depuis cette année, il fait tout tout seul, de la cuisine au service et à l’entretien
L’article 37 du budget 2027 prévoit la création d’une « contribution progressive des collectivités territoriales et de leurs groupements à l’effort budgétaire ».
L’article 87 du budget prévoit la création d’un « Fonds de soutien exceptionnel aux communes contribuant à la contribution progressive des collectivités territoriales et de leurs groupements à l’effort budgétaire ».
Le taux d’intérêt à 10 ans de la France approche dangereusement des 5 %. Il faut remonter 20 ans en arrière pour trouver des tels niveaux. En cause, la combinaison parfaite de facteurs internes (dette et déficits élevés, promesses vagues des candidats à la présidentielles) et de facteurs externes (les grands groupes de l’IA empruntent massivement, ce qui crée de la concurrence et fait grimper les taux). C’est un problème pour l’État, mais aussi pour les entreprises, dont les taux d’emprunts sont alignés sur l’OAT. Mais ça n’a pas l’air d’inquiéter grand-monde dans le milieu politique. Comme l’impression d’être dans la scène de fin de The Big Short, où un gros investisseurs assure que tout va bien pour Bear Sterns alors que les participants voient le cours de Bourse s’effondrer en direct sur leur téléphone.
En visite à Paris, Javier Milei tient un discours offensif : « L’Argentine a connue l’échec auquel mène le socialisme. Aujourd’hui l’Europe prend la même voie, avec augmentation de l’État, de la réglementation, conjugués à une migration non-contrôlée. » Après 80 ans de péronisme, marqué par les défauts et l’inflation, L’Argentine tourne désormais la page. Pour la France, le mur est devant
La dette est peut-être un sujet qui inquiète tous les économistes, les entrepreneurs et ceux qui s’intéressent aux finances publiques, elle n’empêche pas les candidats à la présidentielle de dormir. Début septembre, Philippe Juvin, le rapporteur général (LR) de la commission des Finances de l’Assemblée, avait adressé un courrier à tous les candidats déclarés à la présidentielle, leur demandant en substance quel est leur plan pour redresser les finances publiques. Un mois plus tard, il attend toujours : personne n’a daigné répondre, assure-t-il dans Les Echos.
Observation remarquable de notre outil de mesure du buzz sur les réseaux sociaux : tous les candidats à la présidentielle qui sont davantage soutenus que critiqués se situent aux extrêmes : Mélenchon, Le Pen, Zemmour, Dupont-Aignan. À l’inverse, les plus attaqués se situent au centre : Attal, Philippe, Faure.
Sébastien Lecornu donne dans Le Figaro une très longue interview pour présenter son budget. Tous les éléments de langage sont de sortie : « Ce n’est pas un budget d’austérité », « L’État doit être exemplaire », « responsabilisation des oppositions », etc.
C’est sur le chiffrage du déficit que ces expressions sont le plus parlantes. Car pour embellir le tableau, Lecornu fait danser les chiffres. Le vrai objectif de déficit, pour 2027, est désormais de 5 %. Mais le Premier ministre préfère parler de «4,8 % du PIB de déficit, hors nouvelle augmentation des dépenses militaire », dire que sans dépenses dans la défense « nous serions à 4 % », que « nous ne serons pas à 5 % en 2026 ». Bref les ambitions de réduction de la dépense publique continuent d’être revues à la baisse/