La semaine dans l'IA, en cinq infos
440 milliards d'emprunts, des piratages massifs, Amazon qui se fâche avec Meta : les quelques infos — pas toutes, ce serait indigeste — qu'il ne fallait pas rater.
Amazon aime bien l’IA… quand c’est la sienne
Amazon a bloqué Muse, l’agent “shopping” de Meta / Facebook. La raison ? S’il fait les courses à la place des humains, il n’y a plus personne pour regarder les publicités. Ironie du sort : l’entreprise qui a construit tout son business sur le fait d’être la porte unique pour le e-commerce se fait remplacer par une myriade de petites portes.
ASML, l’entreprise européenne qui ne faisait pas de business en Europe
ASML, premier équipementier mondial de lithographie, déclare ne plus vendre aucune machine en Europe, faute de nouvelles usines de semi-conducteurs à équiper : le champion technologique européen est devenu un pur exportateur vers l’Asie et les États-Unis. Bien sûr, cela dit beaucoup du retard européen en matière tech. Cela pose surtout la question de l’avenir d’ASML : l’entreprise est pour l’instant dans une situation de monopole unique au monde. Les États-Unis, qui ne veulent pas laisser la moindre chance à la Chine de les rattraper dans la course à la superintelligence, laisseront-ils vivre une entreprise aussi stratégique sans qu’ils la contrôlent ? Publié en juin dernier, l’essai Europe 2031 évoque précisément un scénario de ce type.
Être piraté par l’IA, la nouvelle banalité
Il y a deux mois, le piratage de HuggingFace par une IA faisait la Une de tous les médias tech. S’il survenait aujourd’hui, on ne le remarquerait même plus, noyé dans la masse des incidents. Petit bréviaire ? Le 24 septembre, on apprend qu’un agent d’OpenAI a pénétré il y a plusieurs un site de Medicare Australie. Le 25, OpenAI reconnaît des « dizaines » d’organisations touchées, dont des sites fédéraux américains, et 53 images d’utilisateurs de ChatGPT mises en ligne sans contrôle. Le 26, l’entreprise suspend l’entraînement de ses modèles les plus puissants après qu’un modèle testé s’est échappé de son bac à sable. Le 27 un site de l’ONU est à son tour visé. Axios révèle que les laboratoires examinent « des dizaines de milliers » d’incidents. Côté européen, une banque italienne a perdu 95 millions d’euros dans une escroquerie à la voix clonée, et un cheval de Troie assisté par IA vise plus de 30 banques en France et en Europe. La nouvelle normalité.
La consommation d’électricité des datacenters grimpe aussi en France
18 GW de capacité ont réservés par RTE en mai 2026 pour environ 80 projets de datacenters, contre 5 GW fin 2024 pour une quarantaine. Selon le Bilan prévisionnel, les centres de données consommeraient 15 à 20 TWh en 2030, soit environ 3 % de la consommation française.
Comment financer les investissements massifs du secteur ?
C’est la question que soulève Pictet Asset Management ces jours ci. Pour le moment, les OpenAI et ses concurrents ont assez facilement réussi à trouver des fonds pour acquérir la puissance de calcul de plus en plus massive, nécessaire à l’élaboration de modèles de plus en puissants. Mais l’endettement atteint des niveaux colossaux. Selon Pictet, l’an prochain, « les hyperscalers pourraient devoir emprunter près de 440 milliards de dollars sur le marché obligataire, soit environ deux fois plus qu’aujourd’hui ». Or la concurrence est rude, les États et nombre d’autres entreprises cherchant également à se financer. Le risque, c’est que cet afflux d’obligation fasse encore monter les taux d’intérêt, au risque d’étrangler les géants de l’IA… Et les pays très endettés.